Doctorants répondent aux doctorants : Sondes BEN AISSA

Bonjour. Je suis Sondes, doctorante chimiste en dernière année de ma thèse en cotutelle entre l’université de Perpignan et l’université de Tunis El-Manar (Tunisie). Je m’intéresse à la mise au point de capteurs (bio)chimiques pour la détection rapide de pathogènes alimentaires et de contaminants environnementaux. Mon travail est élaboré conjointement aux laboratoires BAE-LBBM (de l’UPVD) et LCAE (de l’UTM).

  • Parle-nous de votre expérience de thésarde ?

Mon expérience de thésarde était pleine de défis mais aussi d’opportunités. Je considère la thèse comme un investissement personnel, non seulement sur le plan scientifique (souvent très pointu), mais aussi sur le plan relationnel et social.

C’était après avoir réussi à décrocher une bourse de mobilité EMIC (Erasmus+) que mon aventure à Perpignan a commencé. J’ai pu ainsi sortir de ma zone de confort, m’adapter aux changements et voir mon projet de thèse autrement, notamment dans un contexte international et multiculturel très enrichissant. J’ai également eu la chance de travailler dans une équipe agréable qui a facilité mon intégration. Comme tout doctorant, le degré de motivation fluctuait en fonction de l’avancement des résultats, mais il faut toujours garder l’idée que le métier de chercheur demande de la persévérance et que les échecs représentent aussi un résultat.

Bien que la conduite d’un tel projet bilatéral, ne soit pas forcément facile, cette expérience m’a permis de valoriser mes compétences d’autonomie, de communication, et de gestion de projet. Issue d’une formation d’ingénieur en chimie industrielle, je ne regrette pas ma redirection vers le monde de la recherche scientifique car j’ai toujours retrouvé le coté concret dans ma thématique de recherche. Ceci est plutôt bénéfique pour poursuivre ma carrière d’ingénieur-docteur en proposant des solutions innovantes aux industriels pour des applications dans le domaine de la sécurité alimentaire.

  • Comment trouves-tu les formations du Collège Doctoral LR auxquelles tu as participé ?

Les formations doctorales font partie des opportunités très intéressantes dans le parcours d’un doctorant pour booster sa carrière et sortir un peu de sa paillasse. Personnellement, ces formations proposées sur ADUM m’ont beaucoup aidé à apprendre la bonne méthodologie pour résoudre plusieurs enjeux. Par exemple, la formation « Writing your first paper step by step» que j’ai suivie pendant ma deuxième année de thèse m’a donné le coup de main nécessaire pour rédiger ma première publication et surmonter le blocage naturel que tout doctorant affronte au début.

Une autre formation qui m’a particulièrement marquée a été les « International Doctorials 2018 » à Port Leucate. Cette semaine intensive de travail en équipe m’a permis de repositionner mon projet professionnel en termes d’entreprenariat. C’était aussi une opportunité de réseautage avec des doctorants multinationaux et venant d’autres disciplines. Malgré nos différentes provenances, nous avons réussi au bout de quelques jours à élaborer un projet de Start-up par équipe, avec l’assistance des experts. C’était une expérience très fructueuse. Cerise sur le gâteau, notre équipe a eu l’honneur de gagner le prix du meilleur projet de Start-up !

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Plus généralement, j’apprécie également l’aspect diversifié des formations proposées par le collège doctoral pour répondre à la majorité de nos besoins (des after-work, des cours-conférences, des ateliers de rédaction, des évènements thématiques, PAUSE DOC, etc.)

  • Comment trouves-tu la mise en place des formations en ligne lors du confinement ?

Il faut dire que le confinement a bouleversé le quotidien des doctorants aussi, et que ce n’est pas forcément la situation idéale pour rédiger la thèse sereinement comme le croient la plupart des non-doctorants ! Sans rien cette tâche de rédaction est un grand challenge.

En revanche, je trouve que l’organisation du calendrier entre bibliographie, rédaction et formations en ligne est la bonne solution pour garder un rythme de travail plutôt motivant. J’encourage vivement tout doctorant à participer à ces formations en ligne, d’autant plus que même les doctorants présents à l’étranger peuvent en bénéficier à distance. Le déroulement est aussi efficace que les formations en présentiel avec la possibilité d’enregistrer les outils numériques partagés plus facilement.

Personnellement, je continue à me former à travers ces formations en ligne du collège doctoral LR même après avoir dépassé mes 100h de crédits car je les trouve vraiment ciblées et utiles pour approuver mon projet professionnel. De plus, grâce à la version en distanciel, je découvre continuellement de nouveaux outils de E-learning. C’est vraiment sympa !

  • Tes conseils aux futurs doctorants ?

Je conseille tous les doctorants de considérer les formations doctorales comme un must dès la première année. C’est dommage de ne découvrir plusieurs astuces et méthodes de travail qu’à la fin de la thèse.

Je dirais aussi qu’il vaut mieux anticiper et prévoir différentes pistes de travail dès le début. Certes ce n’est pas toujours facile de garder un rythme constant, mais prendre du recul de temps en temps vis-à-vis de nos sujets de thèse permet de garder le cap.

Rassurez-vous, même si la recherche scientifique est une passion avant tout, on est tous passés par des moments de doute, où on se pose la question « mais pourquoi nous avons choisi ce chemin laborieux dès le début ?! » Eh bien la réponse vous la trouverez à la fin, quand vous récolterez ce que vous avez semé tout au long des trois années. Il faut être patient, curieux et surtout bien organisé.

Enfin, n'oublions pas la valeur de nos travaux car c'est grâce aux doctorants que les Labos tournent encore, et ça, ça vaut de l'or !